Etude des métiers de la filière réalisation

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Compétences ?

  1. Connaissances de culture générale et artistique
  2. Connaissance des expressions cinématographiques
  3. Culture professionnelle
  4. Savoirs méthodologiques
  5. Savoir-faire relationnels

5. Savoir-faire relationnels

Des notions de psychologie, un sens de l’écoute et de l’observation, des capacités d’adaptation et de dialogue lui sont indispensables dans les relations constantes avec ses collaborateurs et en premier lieu avec le réalisateur.

Aptitude à la communication avec le réalisateur

Sens de l’écoute et empathie

S’il mobilise des connaissances de culture générale et artistiques pour saisir les références du réalisateur, le scripte doit aussi posséder des compétences relationnelles spécifiques pour l’aider à accomplir son projet et l’accompagner dans son processus de création.

Pour posséder la mémoire du projet, et être garant de sa continuité ou de son déroulement, il doit s’imprégner du projet et s’approprier les intentions du réalisateur. Il doit développer une attitude d’écoute active, et savoir le questionner pour se représenter sa vision du film, pour clarifier les incompréhensions et les incohérences éventuelles relevées à la lecture du scénario (pendant la préparation). Il doit lui faire préciser les différents éléments de continuité du récit ou de la mise en image de l’émission.

Lorsque le réalisateur le souhaite et qu’une relation de confiance et d’estime mutuelle a pu s’établir, le scripte peut se permettre de lui faire des propositions, des suggestions pour l’aider et enrichir sa réalisation, toujours dans l’esprit de son projet et des intentions qu’il aura exprimées. Même s’ils doivent aussi rendre des comptes au directeur de production, les professionnels interrogés insistent sur leur fidélité au réalisateur :

« Nous devons nous positionner du côté du metteur en scène, c’est en général lui qui nous choisit.»

Sur les émissions de télévision, le scripte doit préserver sa relation avec le réalisateur tout en tenant compte de la personnalité et des intentions de l’animateur /journaliste qui est aussi, souvent, le producteur de l’émission. Celui-ci prend d’ailleurs aujourd’hui une place de plus en plus importante notamment en ce qui concerne la maîtrise de l’ensemble des choix artistiques.

Adaptabilité

Qu’il travaille en fiction ou sur des émissions de télévision, le contexte de la production cinématographique ou audiovisuelle l’amène à travailler avec des personnalités très différentes, dans des situations variées.

Son attitude d’écoute, son sens de l’observation lui permettent d’appréhender la singularité de chaque réalisateur et de s’y adapter. Il doit éprouver un intérêt, une curiosité, une ouverture d’esprit pour pouvoir collaborer avec des réalisateurs de différentes cultures et générations, qui ont chacun leur propre univers et vision du monde.

Il doit pouvoir adapter également des modifications demandés par le réalisateur en cours de tournage, ou d’enregistrement. A la télévision, il annonce le déroulement du conducteur aux collaborateurs et le rappelle au réalisateur. Mais celui-ci peut décider de le modifier en cours de tournage, il doit alors intégrer ces changements et anticiper leurs incidences sur la suite du déroulement de l’émission.

En cas d’enregistrement en direct, il doit pouvoir réagir très rapidement, en fonction des événements, pour réajuster le conducteur. Il doit faire preuve de réactivité, de maîtrise de soi pour s’adapter aux situations imprévues qui interviennent au cours du tournage ou de l’enregistrement de l’émission. De plus, la réduction des temps de préparation et de tournage augmentent encore sa capacité à travailler dans l’urgence et à s’adapter à des imprévus.

Attitude d’observation

En fiction pendant le tournage, le scripte doit trouver la bonne distance qui lui permet d’adopter une position d’observation, sans être trop impliqué dans l’action. Cette attitude lui permet de développer sa perception visuelle et auditive du déroulement du tournage du film.

Il doit être capable d’identifier les intentions du réalisateur, en observant ses réactions à l’issue du tournage des différentes prises d’une même scène pour indiquer celles qu’il préfère dans les rapports montage : « On doit avoir un oeil de diamant.»

De même, sur le plateau de télévision, le scripte doit observer les marques d’intérêt du réalisateur ou du journaliste pour un sujet ou des événements marquants, pour être en mesure de préparer rapidement une rediffusion.

Son attitude d’observation et ses connaissances du déroulement du film ou de l’émission lui permettent aussi de choisir le moment opportun pour rappeler au réalisateur le découpage prévu et lui signaler les incohérences qu’il aura pu identifier ou pour lui faire des suggestions. Il connaît néanmoins les limites de son champ d’intervention et sait que le réalisateur reste seul maître de ses décisions : « on propose, il dispose ».

Au moment de la lecture et de l’analyse du scénario, il mobilise également ses capacités d’observation pour rechercher des incohérences narratives, repérer et analyser les éléments de continuité du scénario, réaliser les dépouillements puis les vérifier et les confronter à ceux de ses collaborateurs (HMC et déco).

Son attitude d’observation permet de développer des capacités d’attention et de concentration sollicitées pour identifier les changements qui interviennent entre chaque prise et pour contrôler les éléments de continuité entre les plans : respect des dialogues, des raccords de jeu, (rythme, déplacements, gestuelle en relation avec le texte), de décor et d’accessoires, de costumes, de maquillage, de coiffure, d’effets spéciaux et les raccords de découpage (mouvement de caméra, de rythme, de lumière, amorces).

Il doit être capable d’observer plusieurs de ces éléments en même temps et les détailler. Il lui faut développer en permanence une double perception pour avoir à la fois une vision globale et une vision de détail afin d’établir des priorités en les resituant dans une cohérence globale du sens du film ou de l’émission.

Emission de télévision

Lors du visionnage des sujets et du minutage de l’émission, il doit également adopter une attitude d’observation distanciée qui lui permette de repérer des coupes possibles et d’analyser la qualité technique de l’enregistrement.

Dans les émissions de télévision, il doit pouvoir repérer rapidement dans les sujets le contenu des plans de début et de fin, les phrases clés et compléter le conducteur (à partir des informations recueillies au cours de la réunion de préparation).

Capacité à expliquer et à argumenter

Ces attitudes d’écoute, d’observation et d’adaptation ne doivent cependant pas l’empêcher de défendre et d’argumenter ses décisions. Notamment en ce qui concerne son évaluation du minutage ou de la consommation de pellicule.

Dans la phase de pré-minutage, la durée des films ayant une forte incidence sur leur budget, son évaluation représente un enjeu important pour le producteur et le réalisateur.

Les durées qu’il évalue au moment du minutage du scénario étant souvent supérieures à ce qui est prévu, (il faut rentrer dans des formats de 52 minutes pour certains téléfilms), il est souvent amené à justifier et à défendre son évaluation auprès des producteurs, scénaristes, et réalisateurs. Lorsqu’il valide avec le réalisateur le minutage obtenu, il doit être en mesure de lui démontrer son estimation, en contrôlant avec lui le minutage de certaines scènes.

Aptitude à la communication avec les collaborateurs

La collaboration du scripte avec chaque membre de l’équipe de tournage ou d’enregistrement qui apporte sa contribution spécifique à la continuité du film est essentielle pour la cohérence du résultat final. Il coordonne et supervise toutes les actions qui interviennent dans ce sens. La qualité de sa collaboration se fonde d’une part, sur sa connaissance des métiers des collaborateurs, et d’autre part sur ses capacités relationnelles. Bien qu’il doive superviser le respect de la continuité, en fiction, ou guider leur travail sur les émissions, il n’a pas de pouvoir hiérarchique sur ses interlocuteurs.

Pour s’assurer qu’ils tiennent bien compte de la continuité et des raccords nécessaires, il lui faut créer une relation de complicité et de collaboration efficaces. Il doit être capable de les écouter, d’observer leurs pratiques et de tenir compte dans ses interventions de leurs contraintes, de leur culture et de leurs méthodes. C’est ainsi qu’il pourra trouver la manière la plus adaptée de leur communiquer les informations liées à la continuité et de leur faire accepter un contrôle de leur travail. Ces qualités de diplomatie lui sont d’autant plus nécessaires à l’occasion des tournages qui se déroulent à l’étranger. Souvent, certains de ses collaborateurs sont recrutés parmi les professionnels locaux, il doit donc développer une aptitude à la communication interculturelle et être capable de saisir et d’interpréter leurs comportements. Néanmoins, il doit également savoir faire preuve d’assurance et asseoir son autorité sur sa connaissance du contenu de leurs rôles respectifs et sur sa compétence. Aussi, il doit être en mesure d’expliquer et de justifier ses choix.

Par exemple en cas de risque de décrochage de pellicule : il peut avoir à affirmer une demande de rechargement des magasins et justifier cette décision à partir d’une évaluation de la durée du tournage de certaines scènes dont il estime la difficulté.

Avec les techniciens en fiction

Il collabore étroitement avec l’assistant réalisateur pour faire le lien entre la continuité du film et le déroulement du tournage. Il est très proche également des Habilleurs Maquilleurs Coiffeurs mais aussi des accessoiristes dans le travail de préparation dont il doit vérifier le dépouillement puis au cours du tournage, contrôler les raccords. Il est aussi en relation avec le chef décorateur pour les raccords de décors, avec l’ingénieur du son pour vérifier les dialogues et les changements de texte, la présence des sons seuls et des voix off, l’enregistrement des ambiances, avec le chef opérateur pour les raccords lumière, avec le cadreur pour les axes et les valeurs de cadre. Il recueille auprès de l’équipe image les informations nécessaires à ses différents rapports, notamment le rapport image. Il participe avec l’assistant caméra à la gestion de la pellicule qu’il évalue en fonction de la durée des scènes, de la présence d’animaux, de cascades ainsi que du nombre de caméras.

Avec les techniciens d’émissions de télévision

Le scripte a un rôle plus directif auprès des collaborateurs (opérateurs, ingénieurs du son), car il dirige le travail de l’équipe image et son en fonction du découpage prévu et du déroulement de l’émission. Il guide les cadreurs, anticipe leur travail, leur donne les informations essentielles de façon synthétique et concise pour tenir compte de la rapidité du tournage.

Avec les acteurs

Son travail l’amène à développer une grande proximité avec les acteurs sur le tournage et à mobiliser également pour eux ses aptitudes relationnelles et son sens de la diplomatie car il doit contrôler leur jeu et leur texte en étant attentif aux raccords et aux différences avec le texte du scénario. Il doit aussi évaluer la qualité de leur jeu dans les indications à fournir dans ses rapports au montage. En cas d’erreurs de texte ou de raccords de jeu, le scripte le signale au réalisateur qui intervient s’il l’estime nécessaire. Néanmoins, notamment lorsque le réalisateur est moins présent - ce qui semble arriver fréquemment avec l’arrivée du combo qui l’éloigne de la scène et des acteurs -, l’acteur peut se tourner vers le scripte. Si l’acteur a besoin d’un avis sur son jeu, le scripte écoute ses difficultés, observe sa façon de travailler, le rassure sur son jeu et l’accompagne dans son travail en l’aidant à mémoriser ou en lui soufflant leur texte.

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