Etude des métiers de la filière réalisation

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Accès au métier

En dehors des héritiers de célébrité, il semble illusoire de penser être lancé directement sur un projet cinématographique important lorsque l’on ne porte pas de nom. Certains réalisateurs passent par des courts métrages (près de 400 sont tournés chaque année), ou sont stagiaires dans un premier temps. Dans tous les cas de figures, les fonctions occupées leur permettent ainsi d’expérimenter de nombreux métiers du film.

L’accès par un des métiers du cinéma et de l’audiovisuel

Selon le témoignage de Catherine Corsini, « on peut arriver à faire un film à n’importe quel âge, à n’importe quel moment. » La majeure partie des réalisateurs le devient en passant classiquement par d’abord par d’autres métiers de l’audiovisuel tels que celui, d’assistant-réalisateur (François Luciani, Mathieu Kassovitz, Jean-Paul Rappeneau, Don Kent, etc.). Cette formation par compagnonnage permettait d’évoluer vers la réalisation. On passait ainsi souvent de troisième assistant-réalisateur à second puis premier, avant d’occuper la fonction de réalisateur en titre. Ce système issu d’une histoire sociale et syndicale d’usage dans ces métiers a disparu progressivement pour des raisons idéologiques (cinéma d’auteur), économiques et technologiques (réduction des équipes, des durées de tournage et de post-production), au profit de stages conventionnés par les écoles ou les universités. Si le passage par la filière réalisation n’est plus systématique aujourd’hui, l’expérience de différents métiers leur permettent néanmoins de transférer leurs compétences acquises : directeur de la photographie (Gilles Porte, etc.), monteur (Jacques Audiard, Dominique Moll, Pierre-Oscar Levy, etc.), cadreur (Jacques Wehrline, Jean-Pierre Devillers, Tristan Carné, etc.), scripte pour les émissions (Isabel Dupuis, Françoise Poulin, etc.). L’expérience du jeu d’acteur reste également fréquente (Toni Marshall, Vanessa Giangrande, Anne Fontaine, Nicole Garcia, Zabou Breitman, Lucas Belvaux, etc.).

Avant une école de cinéma ou une expérience professionnelle, il est intéressant de constater que pour beaucoup de cinéastes leur formation est d’abord passée par d’autres disciplines : la littérature (Cédric Klapisch, Fabrice Genestal, François Luciani, Jérôme Prieur, Laurence Fereira Barbosa, etc.), la philosophie (Anne Villacèque, etc.), les arts plastiques (Michel Gondry, Olivier Assayas, Agnès Merlet, Jean-Pierre Devillers, etc.), l’architecture, les arts appliqués, (Gérard Pirès, Marie Vermillard, Nicolas Ferraro, etc.), ou encore l’anthropologie (Eliane de la tour, Stéphane Breton, etc.).

La formation par les écoles et universités

Question formation, les diplômes généralistes universitaires ne produisent pas directement des réalisateurs. Les universités de Toulouse II (ESAV), de Bordeaux, de Poitiers, de Paris III - Sorbonne Nouvelle (Censier), de Paris VIII, de Paris VII, de Paris I - Panthéon – Sorbonne ou encore de Paris X – Nanterre permettent toutefois d’acquérir une culture générale non négligeable pour préparer les concours des Grandes Ecoles (niveau Licence). Mais il faut souvent en passer par des diplômes plus techniques tels que les licences et les masters pro audiovisuel qui fournissent une formation à vocation professionnelle. 

Par ailleurs, les BTS Audiovisuel (niveau Bac + 2) proposent quant à eux une formation aux métiers de l’image et du son qui touche aussi bien les médias que le milieu du spectacle. Concernant les écoles privées (3IS, ESRA, EICAR, CLCF, ESEC, etc.), dont le coût des études est le plus souvent très élevé, ces formations permettent d’accéder plus facilement aux métiers techniques de la télévision qui potentiellement peuvent les faire évoluer vers la réalisation. Le BTS audiovisuel ouvre davantage sur le secteur de la télévision et ne forme pas au support film (pellicule). Au regard du profil des étudiants inscrits à l’université en Licence de cinéma venant de ces filières, on peut constater qu’ils recherchent un complément de culture générale et cinématographique qu’ils n’ont pas acquis auparavant, afin de pouvoir passer les concours des Grandes Ecoles leur permettant d’accéder aux métiers du cinéma. En raison des transformations technologiques vers le numérique (augmentation sensible en 2009 des films tournés dans ce format), on peut supposer que les titulaires d’un BTS audiovisuel posséderont des atouts supplémentaires pour travailler dans le secteur cinématographique.

Au rang des Grandes Ecoles, on compte l’ENS-Louis Lumière et la Femis (Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son) dont le barrage des concours reste dissuasif (entre 30 et 40 élèves par promotion sur plus de 1000 inscrits). Les élèves formés dans ces cadres ont théoriquement plus de chance de réaliser des projets de films (documentaire, cinéma, fiction cinéma, fiction télévisuelle) à leur sortie de l’école.

Pour les professionnels déjà en exercice, la passerelle vers la réalisation peut se faire via diverses formations continues financées par l’AFDAS (fond d’assurance formation des secteurs de la culture, de la communication et des loisirs), organisées par des organismes proposant un catalogue de stages spécialisés.

Il est intéressant de constater la séparation qui existe entre la formation théorique et pratique du cinéma. Soit la formation est exclusivement professionnelle et technique (BTS, Grandes Ecoles, etc.), soit elle est uniquement théorique (Université, etc.).

Un accès par l’écriture pour le cinéma

Selon le réalisateur Franck Mancuso, « en France, on a un système formidable qui permet de réaliser un film sans être passé par une école officielle. Pour la fiction, il « suffit » parfois d'écrire son scénario et de trouver un producteur qui vous fasse confiance pour pouvoir mettre en scène ce que vous avez écrit. ». Le métier ne s’apprend pas nécessairement dans des écoles, comme peuvent en témoigner Luc Besson, Alain Chabat, Malik Chibane pour ne parler que des plus connus, ou encore comme pour Jean-François Richet, par une culture cinéphilique autodidacte. Le système d’aides publiques octroyant bourses, aides régionales et nationales, permet par ailleurs de subventionner des projets cinématographiques, mais demande une présentation de dossiers détaillés et argumentés.

Des filières privilégiées en fonction des secteurs d’activités télévisuelles

Pour la fiction télévisée, le passage par l’assistanat reste le plus fréquent. Sauf de rares exceptions, le réalisateur est généralement employé lorsqu’il est très expérimenté, pour gérer une équipe et un tournage. On le choisit souvent davantage pour son efficacité plutôt que pour ses recherches formelles sur les films. Ce qui sous-entend que le réalisateur de télévision a pour tâche de travailler comme un bon « faiseur ». Les producteurs préfèrent souvent confier la réalisation à des premiers assistants ou à des scénaristes rompus à la discipline télévisuelle. En documentaire, l’accès par la pratique de la prise de vue ou le montage semble le plus courant, de même que pour le reportage ou le film institutionnel. Le métier de journaliste (Xavier De Lestrade, Pierre Carles, etc.), peut également mener au documentaire, et de toutes façons au reportage télévisé et au magazine. Avant de devenir réalisateur de télévision et maîtriser la captation multi-caméras, le passage par le cadre, un métier de la régie (truquiste, scripte) ou du plateau (assistant réalisateur) s’avère nécessaire. L’importance du travail de l’image pour les publicités permet à des directeurs de la photographie de les réaliser.

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