Etude des métiers de la filière réalisation

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Réalisation de documentaire (Cinéma et Télévision)

Profil d’activités

Si par bien des aspects, la réalisation d’un documentaire s’apparente au travail de création d’une fiction, il n’en est pas moins vrai qu’un certain nombre de ses activités diffère. Il s’agit pour le réalisateur de construire la représentation d’une réalité plutôt que de la recréer à partir de son imagination. En général, cette reconstruction nécessite des moyens financiers, techniques et humains beaucoup moins importants qu’en fiction. L’utilisation des moyens de tournage numériques permet le plus souvent de réduire l’équipe de tournage à trois voire deux personnes.

Le réalisateur doit avoir une idée de documentaire, développer  sa vision personnelle d’un sujet et la proposer à un producteur. Le milieu ne possède pas vraiment de scénaristes en tant que tels, aussi l’écriture reste fréquemment à la charge du réalisateur. Dans le cas où un scénariste est présent, il s’avère fréquemment spécialiste du sujet traité. Lorsqu’il a trouvé un producteur, ou une chaîne, le réalisateur commence le long et fastidieux processus des « dossiers de financements complémentaires ». Il lui faut réécrire de nombreuses fois son dossier, et multiplier les versions pour les différents destinataires : CNC, régions, etc. Le documentaire nécessite de rassembler des informations dans sa phase préparatoire. Afin de bien connaître le sujet, il faut faire de nombreuses rencontres et interviews avant d’évaluer les éléments les plus pertinents. Par ailleurs, il faut voir les lieux, rencontrer les protagonistes et capter l’atmosphère que l’on veut restituer. Le montage est une étape importante de réécriture à partir d’une quantité importante de matière filmique, souvent assumée en partie par le réalisateur lui-même. Le documentariste doit également s’occuper de la diffusion de son film. L’accompagnement du film documentaire, souvent plus fragile en raison de son caractère personnel et fréquemment engagé, reste essentiel pour sa visibilité auprès du public et sa défense auprès des critiques.

À la télévision, le documentaire peut être, à l’instar de la fiction, soumis à des contraintes formelles et de contenu. Le format y est souvent déterminé tout le comme le style du commentaire didactique à des fins de meilleure compréhension pour le spectateur.  Malgré des moyens moins importants, il est à noter que les chaînes émergentes (locales ou thématiques) donnent au réalisateur une liberté plus grande dans le traitement des films par rapport aux chaînes hertziennes. En raison des grilles télévisuelles de plus en plus restrictives, les auteurs de documentaire de création semblent se tourner aujourd’hui davantage vers le cinéma.

Profil de compétences

En dehors du tronc commun qu’est la direction de l’équipe technique (même réduite), la construction de la mise en scène et de la mise en images que l’on retrouve dans tous les cas de figure, les fonctions essentielles du réalisateur de documentaire s’avèrent être : l’étude du sujet, l’écriture et la structure du projet, la production, la mise en scène et en image, le montage, la communication sur son film.

  • La conception d’un projet documentaire demande la détermination d’un point de vue sur un sujet et d’un parti pris cinématographique. Sont requis la mise en valeur d’une culture générale, la connaissance des enjeux contemporains alliée à une observation attentive des comportements sociaux et humains ainsi qu’un savoir faire analytique sur les situations et évènements.
  • L’étude du sujet  nécessite des compétences méthodologiques, organisationnelles, des capacités d’analyse et de synthèse pour sélectionner les informations les plus pertinentes à la compréhension de la thématique.
  • L’écriture et la structure du projet demandent à savoir communiquer ses intentions et sa vision du film à travers un dossier étayé, base nécessaire à la recherche de financements.
  • La recherche de financements pour produire son film implique la capacité à collaborer avec un producteur adapté à sa personnalité et à son projet et à négocier avec lui  des compromis artistiques. Elle mobilise une connaissance du système économique du financement des films et du paysage de la production de documentaire, une expérience des relations avec des producteurs, une connaissance des méthodes d’élaboration d’un budget de film.
  • La construction de la mise en scène et de la mise en images, nécessite un savoir faire artistique dans la réalisation des choix formels en fonction du point de vue adopté impliquant une sélection d’objets, de lieux et de personnes pertinents pour l’éclairage du sujet. Il faut savoir interroger, questionner, mettre en confiance les individus rencontrés et tirer parti de leurs expressions pour la mise en image. Il faut savoir faire oublier la caméra aux personnes filmées. Parmi les savoirs nécessaires, on peut noter la connaissance des différentes formes de mise en scène, des règles classiques du langage cinématographique, la capacité à se représenter  le résultat visuel des scènes et à réadapter le découpage en situation.
  • Le travail du montage est essentiel en documentaire en raison de la matière filmée généralement abondante car la trame narrative se construit au montage, le scénario n’étant pas préétabli. Il faut connaître les théories et règles du montage pour pouvoir ressentir l’intensité des plans et les sélectionner en fonction de son parti-pris. En documentaire, il faut savoir écrire un commentaire approprié au projet. Pour des raisons économiques liées à la durée de montage, la maîtrise des logiciels est souvent nécessaire au réalisateur.
  • A l’activité de communication sur son film correspond la capacité à conceptualiser sa pratique et à développer une pensée sur son cinéma. On trouve la connaissance de la promotion des films, de la critique cinématographique, la capacité à valoriser ses choix artistiques et à expliquer sa démarche.

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