Etude des métiers de la filière réalisation

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Réalisation de fiction (Cinéma et Télévision)

Profil d’activités

Au cinéma, le réalisateur intervient sur l’ensemble de la chaîne de fabrication du film, de la conception à sa distribution. Son profil d’activité est très vaste. Il constitue ainsi le métier de l’audiovisuel le plus complet en termes d’activités et de compétences. Malgré tout, les coûts très élevés sur un film impliquent des contraintes fortes exercées sur le réalisateur qui peuvent réduire considérablement son champ d’action. Dans le cas de films à petit budget, la marge de liberté artistique laissée au réalisateur semble parfois plus importante sous réserve d’une trop grande limitation de moyens. La réalisation de fiction pour le cinéma relève généralement d’une démarche engagée et personnelle, voire passionnée et obsessionnelle pour certains : « C’est difficile de faire la différence entre soi et son métier, le métier est en soi et soi dans le métier » explique Chantal Akerman. Poussant cette réflexion à l’extrême, d’autres ne voient le réalisateur qu’à travers sa dimension d’auteur comme Jean-Luc Godard pour qui  « le cinéma n’est pas un métier. C’est un art. ».

A la télévision, si son profil d’activité paraît semblable, les activités de conception, d’écriture et de choix artistiques sont particulièrement encadrées par les diffuseurs. Elles peuvent être prises en charge par les producteurs, notamment dans le cas des séries télévisées, où les contraintes de format et de codes narratifs sont très prégnantes et limitent fortement les activités de création et de choix artistiques à différentes étapes de la fabrication du film. La réalisation de fiction pour la télévision est soumise à des contraintes formelles et à une  réduction importante du temps de tournage. Le réalisateur doit souvent se contenter d’un découpage rapide pour renouveler l’intérêt des spectateurs (caméra mouvante, nombreux gros plans sur les vedettes, etc…). Souvent, le scénario est déjà écrit et la distribution est imposée tout comme le cadre défini en amont. Les conditions de préparation et de tournage restent contraignantes. Le montage doit tenir compte des exigences du diffuseur. Les moyens sont moins importants qu’au cinéma et les équipes y sont plus lourdes, les rythmes de tournage plus intenses. S’il s’agit d’une série, le rôle du producteur est prédominant sur un collectif de réalisateurs, auxquels de nombreuses fonctions artistiques sont retirées : choix des acteurs, des décors, écriture du scénario, etc.

Profil de compétences

En dehors du tronc commun qu’est la direction de l’équipe technique, la construction de la mise en scène et en images - que l’on retrouve systématiquement pour toute réalisation de fiction au cinéma comme à la télévision, les activités plus spécifiques à la fiction cinéma (que l’on peut retrouver à la télévision) s’avèrent être :

  • La conception d’un projet de fiction, la production, l’écriture de scénario, la communication sur son film.
  • La conception d’un projet de fiction exige une capacité à inventer des histoires en imaginant un univers visuel et sonore cinématographique. Cette invention spécifique au cinéma se fonde sur un univers personnel nourri par une culture générale  et artistique et une connaissance du langage cinématographique. Elle s’appuie sur une conscience des enjeux contemporains et mobilise des savoirs sensibles et artistiques, combinés à une aptitude au raisonnement et à la logique pour prendre de la distance et évaluer ses idées.
  • La recherche de financements pour produire son film implique la connaissance de la production de fiction, et notamment une connaissance du système économique du financement des films et du paysage de la production cinématographique. Cette connaissance se combine avec celle  des méthodes et techniques d’élaboration et de gestion d’un budget de film et l’expérience des relations avec des producteurs. Ces connaissances lui donneront les moyens de trouver celui qui correspondra à sa personnalité et à son projet, et de négocier des compromis artistiques.
  • L’écriture du scénario requiert une culture générale et cinématographique, une connaissance des règles de la dramaturgie et des méthodes d’écriture, combinées à l’expérience sensible de situations problématiques, ainsi que de l’observation attentives  de caractères types.
  • La mise en scène et en images, le montage, demandent la maîtrise d’un langage fait d’images et de sons, voire pour les plus talentueux, l’invention de nouvelles formes. Cette compétence  mobilise la connaissance de différents types de mise en scène, la connaissance des règles classiques du langage cinématographique et du montage, l’expérience du visionnage des rushes pour identifier l’écart entre sa représentation des scènes filmées au tournage et le résultat  sur l’écran, pour être capable de réadapter le découpage en situation.
  • La direction d’acteur demande une connaissance des différentes écoles actorales et des techniques de jeu, pour repérer et mettre au jour les caractéristiques des artistes pour l’incarnation des rôles, couplée d’une expérience de la relation avec les acteurs, des comportements à adopter pour les diriger.
  • Pour diriger son équipe technique, il faut avoir des connaissances artistiques, esthétiques combinées avec celle des métiers des principaux postes du cinéma, celle du processus et les différentes étapes de fabrication d’un film de fiction, l’expérience de la communication de la vision de son projet.
  • A l’activité de communication sur son film correspond la connaissance du secteur socio-économique de la distribution et de l’exploitation, des méthodes et techniques de promotion des films, ainsi que de la critique cinématographique. Une culture cinématographique combinée avec une expérience du public, des critiques, des journalistes, des professionnels des festivals permettent au réalisateur de situer et d’analyser son travail, de  valoriser ses choix artistiques et d’expliquer sa démarche, voire  de conceptualiser sa pratique et de développer une pensée sur son cinéma.

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