Etude des métiers de la filière réalisation

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Compétences ?

  1. Connaissances de culture générale
  2. Savoirs artistiques
  3. Connaissance des métiers, des techniques et de l'environnement professionnel
  4. Savoirs méthodologiques
  5. Savoir-faire relationnels
  6. Autres aptitudes

2. Savoirs artistiques

Connaissance des dispositifs cinématographiques et audiovisuels

Dans le domaine du cinéma, la connaissance de la spécificité de l’écriture scénaristique lui permet de repérer le traitement de l’espace et du temps, et d’identifier l’importance et la progression dramatique des scènes pour élaborer le plan de travail.

Pour élaborer et mettre en œuvre le plan de travail, l’assistant réalisateur doit être capable de se représenter le tournage et le film fini, c’est-à-dire d’imaginer dans l’espace et dans le temps, le passage d’un projet écrit à sa réalisation visuelle et sonore. Il mobilise alors des aptitudes intellectuelles d’abstraction, de représentation de l’espace et du temps qui s’appuient sur une expérience significative de la pratique du tournage. Ces capacités de représentation spatiale lui permettent de passer aisément d’une représentation visuelle de deux dimensions à trois dimensions et inversement (du 3D plateau au 2D image).

L’établissement et le réajustement du plan de travail sont des tâches extrêmement complexes qui font appel à la créativité de l’assistant. Celui-ci doit imaginer des solutions mobilisant à la fois ses connaissances artistiques, sa connaissance des différents dispositifs narratifs, ses capacités intellectuelles de raisonnement logique et sa connaissance du processus de fabrication du film ou de l’émission.

Il doit pouvoir connaître les différentes formes d’expression cinématographique pour être en mesure de comprendre le dispositif filmique choisi par le réalisateur et posséder une expérience concrète du découpage, des raccords et du montage. Il doit être en mesure d’analyser les rushes en relation avec le projet initial. En écoutant les discussions des collaborateurs après la projection, il doit pouvoir déduire les conséquences des changements envisagés, sur le plan de travail et l’organisation du tournage.

Sa connaissance de la mise en scène cinématographique lui permet de diriger la figuration, d’orienter les mouvements et la position des figurants dans l’espace du cadre au service de l’histoire, à partir de son interprétation des intentions du réalisateur et du scénario.

Analyse de l’image et analyse filmique

Pour savoir anticiper les besoins de la mise en scène, l’assistant doit être capable d’analyser et de caractériser les composantes des œuvres audiovisuelles.

La recherche et le repérage des décors naturels sont déterminants dans l’élaboration du plan de travail qui s’organise autour du regroupement des lieux de tournage. L’assistant fait en parallèle le repérage et le plan de travail au fur à mesure du choix des décors.

Il doit pouvoir caractériser les décors souhaités par le réalisateur et/ou superviser les recherches faites par ses assistants ou repéreurs. La recherche des décors demande à l’assistant d’interpréter les lieux décrits dans le scénario et dans l’esprit du réalisateur pour trouver un lieu réel qui leur corresponde. L’assistant doit avoir un point de vue artistique sur le décor pour faire des photos et argumenter ses choix auprès du réalisateur.

Le travail de dépouillement fait encore appel à ses savoirs artistiques. Il mobilise ses capacités intellectuelles de représentation visuelle, pour analyser une image mentale. Pour détailler la composition de l’image et du cadre, il mobilise sa connaissance spécifique des différentes composantes d’une image cinématographique ou télévisuelle pour pouvoir les identifier et les caractériser. Il doit également avoir des connaissances esthétiques de la composition de l’image lorsqu’il fait la mise en scène d’arrière-plan. Ses connaissances artistiques sont mobilisées pour positionner la figuration dans la composition du cadre.

Savoirs éthiques et artistiques

Les capacités d’empathie artistique de l’assistant réalisateur lui permettent de se représenter la vision du réalisateur et de percevoir l’émotion voulue. Il doit être capable d’identifier un point de vue et une sensibilité artistique, de saisir et de questionner des intentions artistiques, pour analyser et caractériser une atmosphère, une situation, une lumière, une matière, dans le cadre de ses collaborations avec différents interlocuteurs. Il doit être capable de conduire un entretien avec un réalisateur pour saisir sa personnalité, sa sensibilité, son univers, pour identifier et répondre à ses attentes. Il doit faire preuve d’intérêt, de curiosité, de disponibilité, d’un sens de l’écoute, et d’une capacité à s’impliquer dans le projet d’un autre.

Il devient également « les yeux du réalisateur », sur les émissions de télévision : lorsque le réalisateur est en régie et qu’il ne voit pas tout ce qui se passe sur le plateau ou l’espace réel, l’assistant observe les événements qui peuvent avoir du sens pour la réalisation de l’émission et les lui communique.

« Agent de liaison » entre le réalisateur et son équipe, l’assistant représente le réalisateur qui doit se concentrer sur l’aspect artistique. Le réalisateur lui délègue un certain nombre d’activités, de relations avec les collaborateurs techniques et artistiques. L’assistant doit alors être capable de bien identifier les responsabilités qu’il peut assumer seul et les décisions qui relèvent uniquement du réalisateur, il doit être capable de filtrer les informations qu’il doit lui faire remonter et reconnaître les problèmes qu’il peut régler à son niveau.

Il doit pouvoir ressentir une situation, la percevoir et l’interpréter pour pouvoir évaluer jusqu’où il peut aller. Une relation de complicité avec le réalisateur peut aussi lui permettre de prendre position, de justifier ses propres choix, différents de ceux du réalisateur. Il arrive parfois que l’assistant réalisateur soit sollicité pour donner un avis sur le scénario et proposer des aménagements. Cette compétence artistique est néanmoins sujette à discussion, pour des raisons d’éthique professionnelle, certains assistants estiment que cette activité ne relève pas de leur compétence mais uniquement de celle du réalisateur et du scénariste.

En France, les assistants font partie de l’équipe réalisation, contrairement aux Etats-Unis où ils sont rattachés à la production. Cette situation implique pour les assistants réalisateur de construire une relation privilégiée avec le réalisateur, de s’imprégner de son univers pour l’aider à accomplir son projet. Dans ce contexte, la capacité d’un assistant à initier une collaboration durable avec un réalisateur et à s’insérer dans un réseau professionnel peut s’appuyer sur le partage de leurs références culturelles.

Si l’assistant réalisateur se situe dans un lien de subordination hiérarchique au réalisateur, s’il adhère à son désir et son projet, il doit néanmoins se confronter au réel de la fabrication et doit affronter les limites et les contradictions que suppose le passage d’une idée à sa concrétisation. Il est pris dans une tension entre l’imaginaire du projet et les contraintes du réel et doit toujours avoir une double approche des situations.

Il joue un rôle de médiateur entre les désirs artistiques du réalisateur et les contraintes de la production. Il doit être capable de trouver des solutions de compromis, des points d’accord. Il arrive aussi à l’assistant réalisateur d’être sollicité par un producteur pour travailler avec un réalisateur ou pour l’étude d’un projet, sans réalisateur défini à l’avance.

Cette tension entre les exigences de la réalisation et de la production demande à l’assistant réalisateur de choisir un positionnement personnel qui relève de choix éthiques, en se référant à des valeurs qui lui sont propres.

Pour les émissions de télévision, les représentants des diffuseurs interviennent fréquemment dans la relation assistant/réalisateur. L’assistant réalisateur joue un rôle d’intermédiaire entre le diffuseur et le réalisateur d’une part et le producteur qui l’emploie d’autre part. D’autres interlocuteurs interviennent aussi dans les décisions : les journalistes, le chef d’édition ou le rédacteur en chef. L’assistant doit alors tenir compte des différents points de vue des interlocuteurs en présence, dans l’intérêt du projet, en lien avec le réalisateur.

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